Pentes

Premier musicien de l'Hexagone à apparaître sur le label (pour l'instant plutôt tourné vers Berlin et le Japon), Jean-Luc Guionnet, que l'on connaît saxophoniste et dont les activités sont désormais documentées par maints disques (Leo, Vand'œuvre, Shambala, For 4 Ears, Ground Fault, Monsoon, CIMP), est aussi compositeur de musique concrète (entre autres choses) et organiste ; Eric La Casa l'a précisément enregistré sur l'instrument (d'improvisation par excellence) de l'église parisienne de Notre-Dame des Champs (Fred van Hove, pour ses Improvisations avec Etienne Brunet, Saravah SHL 2103, avait choisi celle de Saint-Germain). Hypnotique festin où l'acoustique est électroacoustique, la soufflerie mécanique poétique, organique, ondulatoire, fragmentaire. Grand ! GUILLAUME TARCHE, IMPROJAZZ

Peu de musiciens aussi prolifiques que Guionnet, seul français, peut-être, aussi présent sur des labels étrangers (For Four Ears, Corpus Hermeticum, Selektion…). Qui ne sacrifient pas diversité et différence sur l'autel de l'éclectisme, peu de musiciens. Le cas de Guionnet n'est pas unique qui sait passer de l'exigence de la musique improvisée à l'approche plastique de la musique électro-acoustique. Mais tous n'entretiennent pas un rapport véritablement physique à l'instrument. Guionnet a fait ses premières armes au bec d'un saxophone. Et quand il s'assoit derrière un orgue, il faut que chaque frémissement de l'orgue soit ressenti. Sur la pochette immaculée, le nom d'Eric La Casa, à la prise de son, est disposé en évidence, en contrebas des Pentes. Il épaule Guionnet, en rappel entre musique contemporaine et improvisation. Sur des chemins plus rocailleux que ceux des Improvisations de Fred van Hove (sur Saravah), il part sur les traces de Charlemagne Palestine. Les reliefs sont variés, car Guionnet sait qu'une traversée des drones de l'orgue est une morne plaine si elle n'est pas rehaussée de quelques pics. Le premier Cornement résonne mais se délite peu à peu dans une atmosphère délétère. Puis il maltraite la voix de Notre-Dame des Champs qui peu à peu radote, reprenant les ritournelles bancales de Registres qui auront tôt fait de la rendre aphone, réduisant les colossaux tubes des grandes orgues à de simples ondes sinus. Un sifflement qui s'étire jusqu'à devenir crissement…
FLORENT DELVAL, IMPROJAZZ

Once you start following Jean-Luc Guionnet's career, you cannot help but be amazed at the number of roads his creativity can follow. A composer of electroacoustic music and a free improviser on the saxophone, for Pentes he turns to the church organ. Recorded over two days of April 2001 in Notre Dame des Champs (Paris) by longtime collaborator Eric La Casa, this album showcases Guionnet exploring both the minimalist and maximalist possibilities of the instrument. Not a common tool for improvisers, the church organ has nevertheless gained popularity in 2002, with albums by Nils Henrik Asheim (solo) and Gary Verkade (in duo with Steve Nelson-Raney) also being released within a few months from each other. But the Frenchman is looking for something else than the two virtuosos: texture. In Cornement, thick rumbles in the bass register conjure up a dangerous-sounding atmosphere, not at all what you'd expect to hear in a church! Registres explores the many registers of the instrument, finally settling for minimal microtonal overlaps strongly recalling Sachiko M's sine-wave experiments. Récit & Tremblant accumulates notes in a chatty soliloquy, while Portevent chops up a drone with the use of register changes (while holding down the note). It creates the illusion that the piece could be a collage of electroacoustic manipulations -- talk about finding a new approach (and sound) for the instrument Guionnet's music is rarely pleasant; instead it challenges, deconstructing the organ's heavy past (including Olivier Maessian) when it is not dismissing it altogether. nusual and fascinating.
FRANCOIS COUTURE